Pix4notes

December 30, 2010

Dance for Southern Sudan

Filed under: Documentary, News, Reportage — pix4notes @ 5:35 pm

 

 

SUD SOUDAN

J’ai couvert en 1990 le conflit opposant le Sud au Nord Soudan. J’avais à l’epoque croisé briévement John Garang, leader du SPLA, la rebellion chrétienne sudiste. Grace à Paris Match, j’ai découvert récemment la tombe de celui qu’on appelle désormais le « docteur », mort en héros dans un étrange accident d’avion. Je reviens de plusieurs semaines de reportage dans cette région reculée et primitive, dans la perspective du réferendum du 9 janvier 2011 au terme duquel ses natifs devront se déterminer en faveur ou non de l’indépendence. Selon les sondages à 86% ils y sont favorables.
Grand comme trois fois la France, le territoire est formé de dix états où vivent quatre grandes tribus – Dinka, Shilluk, Nuer, Nuba – et plus de 50 clans… La guerre civile avec le Nord l’a laissé exangue, avec moins de 50 kilomètres de routes goudronnées reliant ses villes principales. La seule voie de transport viable est le Nil. Autrefois l’un des plus grands marchè d’esclaves en partance pour l’Europe et l’empire Ottoman, on y échangeait de l’or et de l’ivoire. Aujourd’hui du pétrole et de l’aide humanitaire. Economiquement retardé par rapport au Nord, majoritairement musulman, sans reel pouvoir politique et économique, le Sud, majoritairement Chrétien et animiste, est sous son joug depuis le temps des pharaons.
Il fallait et il faut encore au Soudan, un passeport et un permis de voyage pour passer du Nord au Sud, et vice versa. Plusieurs fois dans son histoire, il a tenté de s’en libérer. Sans succés, jusqu’alors.
Les accords de paix signés le 9 janvier 2005 lui ont offert une relative autonomie, sa propre constitution ainsi que le droit d’organiser ce referendum pour l’indépendance prévu le 9 janvier 2011. Malgré cette perspective, le Sud Soudan traverse sans doute la période la plus critique de son histoire récente. Le SPLM qui gouverne le Sud depuis maintenant cinq annéess n’a pratiquement rien fait. Pas la moindre trace de développement malgrè les milliards de l’aide internationale et des revenus pétroliers. 90% du budget est dépensé à Juba, capitale et siège de ses institutions, contre 10% pour le reste de la région. Aucune opposition politique n’a émergé. L’insécurité régne. Les tribus s’y disputent le bétail et les terres, les seigneurs de la guerre veulent imposer leur loi. Selon les représentants de l’ONU tout report du referendum ne ferait qu’accroître ces violences. Entre huit et dix zones, parmi lesquelles les champs petrolifères d’Abyei, sont contestées par le Nord et pourraient servir de prétexte à une nouvelle confrontation militaire entre les deux regions. Chacun a d’ailleurs commencé d’y masser ses troupes armées.
La Chine allié du Nord renoncera-t-elle a l’exploitation des champs de pétrole que lui a concédé le Nord ? Jusqu’où iront les Américains et l’Occident rallies aux Chrétiens du Sud pour mettre la main sur ces concessions ? Quelle sera la position de l’Egypte, musulmane et arabisante, qui ne considère qu’une richesse, celle de garder sans reel partage le contrôle des eaux du Nil ?

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